Essai Honda CR-V Hybride 2.0 i-MMD 4WD Exclusive (2019)




Il y a deux SUV chez Honda ; le petit s’appelle HR-V et le grand, celui-ci, s’appelle CR-V. Ce dernier fait partie de la catégorie des SUV familiaux avec 4,60 m de long, et va se frotter aux Peugeot 5008 mais aussi au Rav4 qui, comme le CR-V, est proposé en version hybride. Car le SUV de Honda, avec sa 5ème génération apparue l’an dernier, a abandonné le diesel en Europe et ne propose plus que des versions essence ou hybride comme celle-ci, chacune étant disponible en 2 ou 4 roues motrices. Il s’agit en fait du 1er SUV hybride de Honda qui annonce 184 ch, mais avec un fonctionnement complètement différent du Rav4 : ce CR-V évoque plutôt la première Chevrolet Volt. Le CR-V est disponible en 5 ou 7 places et notre version d’essai est en finition haut de gamme Exclusive.

L’intérieur du CR-V hybride est peu ou prou identique à celui du CR-V thermique, sauf pour le levier de vitesses qui a été remplacé par des touches. L’ensemble est plus cossu que sur la génération précédente, spécialement sur notre modèle haut de gamme avec sellerie cuir et des surpiqûres sur la planche de bord, sans oublier le petit insert façon bois… L’écran central de seulement 7 pouces semble petit face à la concurrence actuelle et l’interface est quelque peu datée. Mais l’équipement est complet sur cette finition, y compris en aides à la conduite modernes. A l’arrière, pas de banquette coulissante sur notre version 5 places et une très belle habitabilité, doublée d’une banquette confortable d’autant plus qu’on a droit à des assises chauffantes. Et ce sont les meilleures places pour profiter du toit vitré. Le coffre fait partie des meilleurs de la catégorie en volume avec plus de 600 dm3 selon nos mesures, même si le 5008 fait mieux sur ce point.

Ce CR-V hybride a un fonctionnement particulier, la plupart du temps à l’électricité. Les 184 ch annoncés sur la fiche technique sont les 184 ch du moteur électrique, et en fait le 4 cylindres 2 litres de 145 ch présent sous le capot est la plupart du temps utilisé comme groupe électrogène, pour produire de l’électricité en continu. Il n’y a qu’une fois que la voiture est lancée, à partir d’une certaine vitesse, que le moteur thermique sert aussi à faire avancer la voiture directement. Le corollaire un peu malheureux est que quand on appuie fort sur l’accélérateur, donc quand on a un gros besoin d’électricité, cela fait tourner le moteur à haute vitesse sans changement de régime, ce qui rappelle furieusement la boîte CVT. Pas très agréable, surtout que l’insonorisation du moteur thermique n’est pas excellente. Malgré cela, en conduite de tous les jours ou en conduite coulée, au contraire, l’ensemble est agréable car assez proche d’une voiture électrique, silencieuse, avec du couple à bas régime. Au niveau des performances, on a 184 ch contre 218 ou 222 pour le Rav4 selon qu’il soit 2 ou 4 roues motrices. Les performances sont donc forcément moindres et il faut dire que ce CR-V hybride est assez lourd (plus de 1,7 tonne selon nos mesures). Le poids influe également sur le comportement avec la voiture qui prend du roulis et n’aime pas trop être brusquée. Ce CR-V est plutôt typé confort, et rejoint sur ce point le Rav4. Logique : ces SUV hybrides n’ont aucune vocation sportive, ni l’un ni l’autre.

En consommation, élément clé sur les hybrides, ce CR-V tient à peu près sa promesse, celle de consommer moins. En effet, il est plus sobre que ses concurrents essence de puissance analogue, et réclame environ autant qu’un équivalent diesel. Mais nos mesures révèlent que le Rav4 est plus sobre alors qu’il est aussi plus performant. Précision quand même : nous avons mesuré le CR-V 4 roues motrices, ce qui le handicape forcément. La version deux roues motrices sera sans nul doute plus proche du Toyota. En tarif, notre modèle d’essai haut de gamme et 4 roues motrices monte à 45000 €, soit un peu moins que le Rav4 4 roues motrices haut de gamme et ses 47000 €. Les deux commencent en deux roues motrices et finition d’entrée de gamme exactement au même tarif à savoir 34600 €. Des fois qu’on n’ait pas compris qu’ils sont concurrents directs…

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